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Cabinet d’apparat réalisé par Thomas Hache à Grenoble entre 1695 et 1700, H. 194 cm L. 161 cm P. 61 cm.

Premier grand nom de la dynastie des Hache, Thomas Hache (Toulouse 1664 – Grenoble 1747) réalise ce cabinet d’apparat entre 1695 et 1700 dans l’atelier de Michel Chevallier à Grenoble. Il serait d’ailleurs l’un des premiers meubles réalisés par l’ébéniste dans la ville dauphinoise.

Meuble apparu au XVIe siècle en Europe, le cabinet est avant tout un meuble de collectionneur qui renferme des objets et des papiers précieux, des bibelots et des curiosités. Il prend donc majoritairement la forme d’une armoire rectangulaire à tiroirs ouvrant par une porte centrale.

À l’origine portatif, conjuguant les fonctions d’écritoire et de coffret, le cabinet se fait imposant à l’époque baroque avec son piètement à colonnes. Élaboré à partir de matériaux couteux et rares et richement orné, il sert le prestige des collections exposées dans les galeries, cabinets d’art et cabinets de curiosités.

Le cabinet d’apparat, conservé au couvent Sainte-Cécile, est l’un des premiers de cette forme à apparaitre dans la production de Thomas Hache (cabinet à deux vantaux reposant sur un piètement à colonne). L’ébéniste a également utilisé un décor marqueté à l’italienne avec en façade, et sur les côtés, des vases fleuris, des oiseaux, des papillons, des fleurs naturelles et stylisées, des feuillages teintés de vert ou encore des branchages.

Composé de différentes essences, ce cabinet reflète également la recherche des procédés de teinture des bois, initiée par Thomas Hache à Chambéry et visible avec la prédominance de la couleur verte, mais également l’utilisation de la loupe (excroissance du tronc) de frêne dont il fera, avec la loupe de sycomore, un grand usage.

© HVMC – Christophe Duranti

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Gravure

Anonyme, Napoléon empereur des Français et roi d’Italie, gravure colorée, mars 1815, 65 x 50 cm.

Œuvre du fonds présentée dans l’exposition « Napoléon autour de la Route des Alpes », cette gravure anonyme aurait été colorée au moment de l’entrée de l’Empereur à Grenoble en mars 1815.

Le dessin s’inspire toutefois largement de la gravure de Jean-Pierre Simon, réalisée vers 1807, et largement diffusée en reprenant les codes de représentation traditionnels de l’empereur.

Napoléon porte ainsi un bicorne, véritable marque de fabrique puisqu’il le porte « en bataille », face au public, et non pas « en colonne » comme la plupart de ses contemporains pour permettre à ses soldats de le reconnaître, orné d’une cocarde, qui rappelle que son propriétaire est un des héritiers de la Révolution française.

Vêtu d’une tenue de colonel des chasseurs à cheval, l’empereur arbore également la légion d’honneur, distinction française qu’il a mise en place au cours du Consulat, accompagnée du grand aigle de la légion d’honneur – plaque supplémentaire portée sur le côté gauche des habits – et d’une couronne de fer, distinction qu’il met en place lorsqu’il fut roi d’Italie.

Personnage aux multiples facettes, parfois adulé parfois critiqué, ce « portrait type » a fait l’objet de nombreux détournements par les caricatures anglaises ou allemandes à l’image de la gravure de Johann Michael Voltz faisant de Napoléon un boucher responsable de l’anéantissement de son armée. 

Anonyme, Napoléon empereur des Français et roi d’Italie, gravure colorée, 1815, Fonds Glénat, Grenoble.


Jean-Pierre Simon, Napoléon empereur des Français et roi d’Italie, gravure, v. 1807, Musée Carnavalet, Paris

Johann Michael Voltz, Triumph des Jahres 1813. Den Deutschen zum Neu enjahr ?, gravure, 1814, LWL-Landesmuseum, Münster